Une affiche en vitrine, quatre posts : le cas d’une boulangerie de quartier

Une affiche en vitrine, quatre posts : le cas d’une boulangerie de quartier

Prenons une boulangerie de quartier qui lance, fin septembre, un pain de seigle au levain vendu uniquement le samedi et le dimanche. Le gérant a fait imprimer une affiche A2 pour la vitrine et cinq cents flyers glissés dans les sacs pendant quinze jours. C’est une bonne base. Mais une affiche ne touche que les gens qui passent devant, et un flyer finit souvent au fond du sac de courses avec le ticket de caisse. Pour que le nouveau pain trouve son public au-delà des habitués du matin, le relais en ligne doit être pensé en même temps que l’impression, pas une fois les affiches posées.

Ce que l’affiche fait bien, et ce qu’elle ne sait pas faire

L’affiche a une force que les réseaux sociaux n’ont pas : elle est vue au moment exact où le client peut acheter. Celui qui lit « seigle au levain, le week-end » devant la vitrine un samedi matin peut entrer dans la seconde. Elle impose aussi une discipline utile, car sur un format lu en trois secondes depuis le trottoir, on ne garde qu’un nom de produit, des jours de vente et une image.

En revanche, elle ne raconte rien. Elle ne dit pas pourquoi ce pain se garde plusieurs jours, ni qu’il demande une longue fermentation, ni qu’il a fallu des semaines d’essais pour obtenir la croûte voulue. C’est précisément ce que les réseaux permettent d’ajouter, à condition de ne pas se contenter d’y publier la photo de l’affiche.

Quatre posts sur trois semaines, chacun avec un rôle précis

Dans notre exemple, le plan de publication tient en quatre temps, calés sur la vie du fournil plutôt que sur des dates arbitraires :

  • dix jours avant, une photo des essais ratés et réussis posés côte à côte, sans nommer le produit, avec une question aux abonnés sur leur pain du dimanche ;
  • la semaine du lancement, une courte vidéo du façonnage tournée à l’aube, qui montre le geste, donne enfin le nom du pain et précise ses jours de vente ;
  • le premier samedi, une photo des étagères garnies à l’ouverture, publiée tôt, au moment où les habitués décident encore de leur trajet ;
  • une semaine plus tard, un post pratique sur la conservation du pain de seigle, qui prolonge l’intérêt pour le produit au-delà de l’effet de nouveauté.

Aucun de ces posts ne reprend l’affiche telle quelle. Tous en reprennent les repères : la même typographie pour les textes incrustés, la même couleur dominante, le nom du produit écrit de la même manière. Le client qui a vu la vitrine reconnaît le sujet en ligne, et l’abonné qui a vu le post reconnaît l’affiche en passant devant. C’est cette double reconnaissance qui fait travailler les deux supports ensemble.

Relier le papier et l’écran sans gadget

Le QR code en bas d’affiche est devenu un réflexe. Il n’a d’intérêt que s’il mène quelque part d’utile : la page Instagram de la boulangerie, avec le post de lancement épinglé en tête du profil, vaut mieux que la page d’accueil d’un site qui ne parle pas du nouveau pain. Il doit aussi être assez grand pour être scanné depuis le trottoir, ce qui exclut le petit carré coincé dans un angle à côté des mentions de l’imprimeur.

Le flyer, lui, peut porter une phrase qui renvoie aux réseaux sans formule creuse. « Les coulisses de ce pain sont sur notre Instagram » donne une raison d’aller voir, là où « Suivez-nous » n’en donne aucune. Le chemin inverse compte autant : rappeler dans chaque légende que le pain n’est vendu qu’en boutique, le week-end, ramène l’abonné vers le comptoir.

Comment savoir si l’opération a fonctionné ?

Une boulangerie n’a pas besoin d’un tableau de bord pour juger. Le nombre de pains vendus chaque week-end pendant un mois, comparé à la fournée prévue, donne déjà une tendance. La question posée en caisse aux nouveaux visages, « vous nous avez connus comment ? », complète ce chiffre. Les commentaires et les messages reçus disent souvent mieux qu’une statistique ce qui a accroché : la vidéo de façonnage, le conseil de conservation, le prix. Si les ventes montent le premier samedi puis retombent, c’était de la curiosité ; si elles progressent semaine après semaine, le produit s’installe.

Qui s’en charge quand le fournil démarre à quatre heures ?

Reste la question du temps. Le gérant qui façonne avant l’aube et tient la caisse le samedi n’a pas toujours l’énergie d’écrire ses légendes le soir, ni le recul pour trier ses photos. Certains confient la tâche à une vendeuse à l’aise avec son téléphone, d’autres à un prestataire. Une structure comme l’agence Folow rédige par exemple les publications Facebook, Instagram et LinkedIn de commerçants et d’artisans, boulangeries comprises, et les soumet au gérant avant toute mise en ligne. Dans ce cas, le plus utile est de transmettre au prestataire le calendrier de fabrication et le fichier de l’affiche dès le bon à tirer, pour que les visuels en ligne partent des mêmes éléments que le print.

Un dernier conseil pour la prochaine opération : profitez de la séance photo prévue pour l’affiche pour faire aussi des images verticales du produit, sous plusieurs angles. Une affiche A2 a ses proportions, les stories et les vidéos courtes en ont d’autres, nettement plus étirées en hauteur ; recadrer après coup une photo composée pour la vitrine donne rarement un bon résultat.